Communiqué de presse de la présidente

Le Conseil de Femmes Francophone de Belgique exprime sa profonde inquiétude face aux violations systémiques, régression des droits des femmes, aux guerres et appelle les dirigeants politiques à intensifier leurs actions.

Ces derniers mois ont bouleversé la planète tout entière, que ce soit en Belgique ou à l’autre bout du monde. Des mesures gouvernementales qui font régresser les droits des femmes aux guerres insupportables qui continuent aux quatre coins du monde.

Aux Etats-Unis, les libertés et droits fondamentaux des femmes sont bafoués : l’accès à l’IVG et à la contraception sont de plus en plus restreints, les recherches portant sur l’égalité de genre sont censurées, les politiques de diversité et d’inclusion sont mises au placard et tout récemment le droit de vote des femmes est remis en question. Ce qui est inquiétant, c’est de voir ce pays, pourtant pionnier de la démocratie, devenir insidieusement un Etat autoritaire. Si l’une des plus grandes puissances mondiales bascule dans un régime illibéral, c’est-à-dire régresse, comment voulez-vous faire progresser les droits des femmes dans le monde ?

Depuis le 7 octobre, le conflit Israélo-Palestinien a connu un point de non-retour, un massacre atroce d’innocents hommes, femmes et enfants a été perpétré en Israël, des femmes violées et torturées. Le résultat aujourd’hui, une famine sans précédent sévit sur Gaza où l’acheminement de l’aide humanitaire n’arrive pas et où les bombardements ne cessent de multiplier le nombre de victimes.

A l’heure où se tient le Sommet de l’ONU à New York appelé « Sommet de l’avenir », où l’humanité est au cœur des discussions, nous appelons aux respects des droit des hommes et des femmes et à leur dignité qui doit être une priorité absolue. Une centaine d’organisations demandent un cessez-feu immédiat et le CFFB se joint à elles.

Notre présidente, en tant que membre effective du Conseil d’Administration du Lobby Européen des Femmes, soutient les cinq déclarations adoptées sur la situation des femmes à Gaza, au Soudan, en République démocratique du Congo, en Afghanistan et en Ukraine qui condamnent les violations effroyables des droits humains et des femmes dans ces pays et au-delà. En 2024, l’on recençait 61 conflits de guerre ou armés dans le monde, un nombre record encore jamais atteint. Ces violences restent invisibles face à la guerre, aux conflits et à l’oppression systématique. Les femmes et les enfants sont utilisés comme marchandises à l’esclavage et aux viols de masse comme armes de guerre. Combien d’hommes, femmes et enfants doivent encore perdre leur vie pour arrêter ces conflits en augmentation chaque année. Les femmes sont les leaders du changement et doivent être aux commandes pour reconstruire des sociétés pacifiques.

Le CFFB fait également part de ses préoccupations quant au plein emploi (80%), le problème ne se déplacerait-il ailleurs ? En excluant tout une partie de personnes du chômage, l’on entend qu’un tiers de chômeurs s’inscriront au CPAS ou se retrouveront à la rue ou travailleront au noir. Ceci n’est pas la solution. Selon certaines communes et CPAS, ils se demandent comment ils géreront ce nouveau flux des demandeurs en termes financiers et de personnel malgré le budget octroyé pour cette transition. Un bon nombre de chômeurs passeront sous le seuil de pauvreté.

Un autre point à aborder, est l’Arrêté Royal modifiant l’article 34§1 et 2 de l’AR du 11 juillet 2002 portant sur le règlement général en matière de droit à l’intégration sociale en discussion au sein du Conseil des Ministres depuis cet été. Celui-ci impactera principalement les femmes car le statut de cohabitant les pénalise de manière disproportionnée, ainsi que les mesures en matière de chômage et de flexibilisation de l’emploi. Les femmes étant bien plus souvent cohabitantes lorsqu’elles perçoivent des allocations sociales.

De plus, la conciliation vie privée et professionnelle pour les femmes est une épée de Damoclès. Selon un rapport de l’ONU Femmes publié en 2023, une femme travaille en moyenne 2h30 de plus qu’un homme aux travaux domestiques et de soins par jour. Un travail non rémunéré et une répartition toujours inégalitaire des tâches domestiques et de la prise en charge des enfants ou grands-parents. Elle conduit de nombreuses femmes à réduire ou arrêter leur activité professionnelle et se retrouvent alors surreprésentées parmi les aidants familiaux sous ou non rémunérés. Ce constat accentue la dépendance économique des femmes.

Par ailleurs, les écarts de salaire entre hommes et femmes poussent la plupart des couples à privilégier le revenu masculin lorsqu’il s’agit de faire des choix entre carrière professionnelle et vie familiale. Dans ce contexte, le fait que les allocations soient calculées sur base des revenus du partenaire (généralement masculin) renforce encore plus cette dépendance et limite fortement l’autonomie des femmes.

Il est grand temps de faire entendre la voix des femmes, de s’élever contre une culture patriarcale, la montée des tensions, des conflits et des guerres dans un monde en ébullition, qui réduit les progrès accomplis dans la réalisation des droits des femmes et de l’égalité des genres au cours de ces dernières décennies.

Contact :
Béatrice Delfin Diaz, Présidente
Conseil des Femmes Francophones de Belgique A.S.B.L.
Membre effective du Lobby Européen des Femmes
Gsm : 0496/55.65.14
presidente@cffb.be