Carte blanche – Pour une réelle gratuité des frais scolaires : Un enjeu d’égalité des genres et de réduction de la charge mentale des mères

Le Conseil des Femmes Francophones de Belgique a le plaisir de vous partager notre carte blanche de Delphine Michel

Article paru sur le site Le Soir.

Pour une réelle gratuité des frais scolaires : Un enjeu d’égalité des genres et de réduction de la charge mentale des mères
En Belgique, la gratuité de l’enseignement obligatoire est un droit fondamental, inscrit dans la Constitution et soutenu par des traités internationaux tels que la Convention internationale des droits de l’enfant et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Pourtant, en 2024, la réalité des familles est bien différente. Les frais scolaires, allant des fournitures aux sorties pédagogiques, continuent d’augmenter, pesant lourdement sur les familles, surtout les plus précaires. Deux familles sur trois rapportent rencontrer des difficultés financières liées aux coûts scolaires (source : Ligue des Familles, éduquer 165), alors que ces frais ne devraient pas exister dans un cadre où l’école est censée être gratuite.

La gratuité scolaire : un engagement inachevé
Le cadre légal belge prévoit des subventions spécifiques, comme les 60€ par élève en maternelle ou les 75€ par élève en primaire, pour couvrir une partie des fournitures scolaires. Ces mesures ont permis de réduire la facture pour certaines familles, mais elles sont limitées à quelques années et laissent les parents dans l’incertitude pour les suivantes. Ainsi, pour les familles avec des enfants entrant en 4e primaire en 2025-2026, il n’y a aucune certitude que la gratuité promise se poursuivra. Actuellement, les coûts atteignent 300€ par élève en 4e, 5e ou 6e primaire, et peuvent s’envoler jusqu’à 1100€ en enseignement qualifiant, notamment en raison des frais liés aux outils et à l’équipement​(Ligue de l’Enseignement, Eduquer-165).
Une surcharge mentale pour les mères

Les mères, en particulier, sont en première ligne lorsqu’il s’agit de gérer ces frais. Selon une étude de l’IFOP, 64 % des femmes sont responsables de l’achat des fournitures scolaires, et 56 % gèrent les inscriptions aux activités parascolaires. Cette charge mentale, combinée à des listes de fournitures parfois longues et spécifiques, exacerbe les inégalités de genre et sociales. L’école, censée être un facteur d’émancipation, devient un facteur de stress pour les mères, qui doivent souvent multiplier les magasins pour trouver des fournitures à des prix abordables, tout en essayant de répondre aux attentes des écoles.
Les frais imprévus, comme les sorties scolaires et la surveillance des temps de midi, alourdissent encore cette charge, obligeant certaines familles à faire des choix entre les besoins éducatifs et d’autres nécessités quotidiennes. Une gestion centralisée des fournitures, comme cela est fait jusqu’en 3e primaire, pourrait considérablement alléger cette charge mentale et financière.

Une opportunité politique cruciale en octobre
Le conclave budgétaire d’octobre 2024 représente une opportunité majeure pour le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de corriger cette situation. Pour un investissement modeste de 4 millions d’euros, soit 0,03 % du budget communautaire, il serait possible de maintenir la gratuité pour les élèves qui entreront en 4e primaire en août prochain, assurant ainsi à ces 56 000 élèves de continuer à bénéficier de ce droit fondamental qu’ils ont connu depuis leur entrée dans l’enseignement.

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Carte blanche signée par:

Delphine Michel
Présidente de la commission Enseignement du Conseil des Femmes Francophones de Belgique