COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Journée mondiale pour le droit à l’avortement : le CFFB demande aux députés de suivre les recommandations des experts !

A l’occasion de la journée mondiale pour le droit à l’avortement, une grande mobilisation est prévue ce jeudi dès 16h30 sur la Place du Luxembourg à Bruxelles.

Le Conseil des Femmes Francophones de Belgique y participera et invite tous les démocrates à rejoindre ce rassemblement.

L’objectif est d’exiger le respect de la vie des femmes, et de leur droit fondamental à la santé et à l’autodétermination ! Dans la plus grande partie du monde, les femmes sont abandonnées et plus de 40.000 femmes meurent chaque année à la suite d’avortements clandestins et dangereux.

En Europe, les femmes enceintes sont pourchassées, contrôlées ou stigmatisées ; des médecins refusent de les soigner lors d’une fausse-couche, jusqu’à les laisser mourir ! Cela se passe à Malte (où l’avortement et totalement interdit), en Pologne, en Roumanie ; et c’est sans compter toutes les Européennes qui sont impuissantes face à ces grossesses forcées !

La Belgique n’est pas et ne sera pas épargnée par les mouvements qui refusent les politiques d’égalité. Ces derniers jours, nous avons en effet vu que la vague de désinformation qui concerne l’EVRAS concerne aussi l’IVG, le but étant de culpabiliser les femmes qui souhaitent recourir à l’IVG et donc de les dissuader de mettre fin à une grossesse qui aura pourtant des conséquences irréversibles sur leur vie.

Les associations aujourd’hui menacées par les courants intégristes auteurs de cette désinformation sont d’ailleurs celles qui défendent l’autonomie et la santé des femmes, tant à travers l’EVRAS qu’à travers un accès sûr et légal à l’avortement.

Le Conseil des Femmes exprime à nouveau et fermement son soutien à ces associations, dont certaines font partie du CFFB, coupole d’une cinquantaine d’associations féministes.

Le Conseil rappelle également l’urgence de protéger l’accès à l’IVG face à de telles attaques, en votant enfin une dépénalisation totale, ainsi que l’assouplissement des conditions, comme le sollicite le comité interuniversitaire d’experts mandaté par le gouvernement fédéral pour évaluer la loi relative à l’avortement. Ces changements doivent intervenir encore sous cette législature !

Le rapport de ce comité d’experts conforte les revendications réclamées depuis (trop) longtemps par les associations féministes :

• L’allongement du délai légal pour avorter de 12 à 18 semaines
• La suppression du délai d’attente de 6 jours
• La fin des sanctions pénales à l’encontre des femmes
• La gratuité de la contraception pour les filles et femmes en âge de procréer
• Une information officielle sur l’avortement et la contraception
• L’inscription de l’IVG dans le cadre législatif des soins de santé
• La suppression de l’obligation d’informer sur l’adoption et les différentes possibilités d’accueil de « l’enfant à naître »

Ces modifications législatives permettraient d’enfin comprendre que l’avortement sûr et légal est une question de santé publique, et ne relève en rien ni du judiciaire, ni du code pénal.

Nous exigeons de mettre fin à l’infantilisation et à la culpabilisation des femmes qui, face à une grossesse non voulue et à toutes ses conséquences sur leurs choix de vie, décident d’y mettre fin.

« Il suffit d’écouter les femmes » disait Simone Veil. Mais quand va-t-on écouter les femmes en Belgique ? Les témoignages « 12 semaines, et après ? » recueillis par la plateforme Abortion Right dont fait partie le CFFB, sont glaçants et ces parcours de combattantes indignes d’un Etat de droit.

Pour les plus vulnérables, sans-papiers, migrantes, sans domicile, nous voulons rappeler aux élus de la Nation, qu’ils ont la responsabilité de ne pas les abandonner à leur sort comme elles le sont aujourd’hui, et qu’ils doivent les protéger par une loi qui tienne compte de leur histoire et de leur vécu.
Pour les plus fragiles, comme pour toutes les femmes qui sont confrontées aux conditions actuelles trop strictes et infantilisantes, le Conseil des Femmes demande que les débats sur l’allongement du délai soient basés sur la compréhension des causes et des ressorts de ces demandes d’IVG tardives et non sur un marchandage du nombre de semaines à la hausse ou à la baisse, déconnecté de la réalité.

Le rapport des experts en témoigne, à la demande du gouvernement ; il est grand temps maintenant de passer à l’action !

Pour le Conseil des Femmes Francophones de Belgique

Personne de contact
Sophie Rohonyi
Présidente du CFFB